MaIAGE partenaire de l'étude sur le "Rôle des systèmes d’import de l’hème dans la virulence d’une flavobactérie pathogène des poissons"

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La capacité d’acquérir du fer est cruciale pour l'adaptation et la virulence de nombreux agents pathogènes, et l'hème constitue la source de fer la plus abondante pendant l'infection. Dans une étude publiée dans Virulence, des chercheurs de l’équipe Infection et Immunité des Poissons (unité Virologie et Immunologie Moléculaires - VIM, INRAE/UVSQ/UPSaclay, Jouy-en-Josas) ont identifié et caractérisé deux systèmes d’acquisition de l’hème révélant leur importance dans la virulence de la bactérie pathogène des poissons Flavobacterium psychrophilum (phylum Bacteroidota).

Grâce à une combinaison d’approches, l’étude a démontré que les deux systèmes sont fonctionnellement non-redondants et actifs dans des conditions environnementales distinctes qui diffèrent par la disponibilité en fer, hème et hémoglobine. Les deux systèmes d’import permettent ainsi à la bactérie de s’adapter aux diverses conditions rencontrées au cours du processus infectieux. Des infections expérimentales chez l’hôte naturel, la truite arc-en-ciel, ont montré qu’ils sont tous les deux nécessaires à la colonisation de l'hôte et au développement de la maladie.

Parmi les secteurs contribuant à l’alimentation humaine, l’aquaculture est celui qui connaît la croissance la plus rapide mais elle est confrontée au défi du contrôle des maladies infectieuses. La compréhension de la biologie des agents pathogènes aquatiques et de leurs mécanismes infectieux est capitale à la mise en place de stratégies de lutte. Flavobacterium psychrophilum est responsable de la flavobactériose, une maladie dont les épisodes infectieux récurrents sont associés à de fortes mortalités et à l’utilisation d’antibiotiques, avec un impact économique et écologique important dans les piscicultures de salmonidés à l’échelle mondiale. L’identification des facteurs moléculaires intervenant dans l’adaptation à l’hôte et dans la virulence est une étape clé pour le contrôle de la maladie.

Cette étude a été rendue possible par une étroite collaboration avec les unités INRAE IERP, Micalis et MaIAGE, ainsi que par un financement de l’Agence Nationale de la Recherche (ANR-17-CE20-0020-0).

Contact : tatiana.rochat@inrae.fr